C’est une affiche dont on ne se lasse jamais, et l’année 2026 ne pouvait pas mieux commencer pour les amateurs de football espagnol. En dominant son voisin de l’Atlético Madrid (2-1) jeudi soir à Djeddah, le Real Madrid a validé son billet pour la finale de la Supercoupe d’Espagne. Les hommes de Carlo Ancelotti retrouveront leur éternel rival, le FC Barcelone, pour un premier Clasico de l’année qui promet d’être électrique, avec un trophée à la clé.
Un scénario tactique inversé
La rencontre a débuté sur les chapeaux de roues. Dès la première minute, Federico Valverde a climatisé les supporters adverses en propulsant un véritable missile sur coup franc au fond des filets. Idéalement lancés par cette ouverture du score précoce, les Merengue ont ensuite adopté une posture inhabituelle. Contre toute attente, c’est un Real attentiste qui a laissé le ballon à l’Atlético, forçant les Colchoneros à faire le jeu — un rôle qui n’est pas dans l’ADN des troupes de Diego Simeone.
Si le Real s’est contenté de gérer en procédant par contres, il le doit aussi à un Thibaut Courtois des grands soirs. Le portier belge a maintenu son équipe à flots, rassurant sa défense par des interventions décisives face à Alexander Sorloth (33e) puis Alex Baena (40e). Ce faux rythme, ponctué de calculs tactiques, a longtemps laissé craindre un derby fermé.
Le réalisme froid de la Maison Blanche
Au retour des vestiaires, le Real Madrid a fait preuve de ce cynisme clinique qui fait sa légende. À la 55e minute, Valverde, encore lui, délivrait une passe lumineuse pour Rodrygo. Le Brésilien, d’un enchaînement technique parfait, permettait aux siens de faire le break. À 2-0, l’affaire semblait entendue.
Cependant, l’Atlético a eu le mérite de ne pas sombrer. Trois minutes seulement après le but du break, Alexander Sorloth réduisait l’écart (58e), relançant le suspense. On s’attendait alors à une fin de match étouffante, mais le soufflé est vite retombé. Émoussés physiquement, les Colchoneros n’ont pas su emballer la rencontre, malgré l’entrée en jeu d’Antoine Griezmann. L’international français aurait pourtant pu changer le cours de l’histoire sur une reprise acrobatique audacieuse en fin de match (82e), mais le cadre s’est dérobé.
Le Real tient sa finale et tentera de laver l’affront de la saison dernière face aux Catalans, avec cette fois-ci Kylian Mbappé de retour dans le groupe.
Une manne financière inattendue venue d’Angleterre
Si la soirée fut belle sur le terrain, elle l’a aussi été dans les bureaux de la direction madrilène. En marge de cette qualification, le club a enregistré une rentrée d’argent significative grâce au marché des transferts. Bournemouth a en effet officialisé le recrutement définitif d’Alex Jimenez, pur produit de la formation madrilène qui évoluait jusqu’alors sous contrat avec l’AC Milan.
Le club anglais va débourser près de 25 millions d’euros pour s’attacher les services du prometteur latéral. Or, le Real Madrid avait eu la bonne idée de conserver 50 % des droits de son ancien joueur lors de son départ vers l’Italie. Résultat : les caisses du club vont se renflouer d’environ 12 millions d’euros.
Une opération financièrement juteuse, mais qui pourrait laisser quelques regrets sur le plan sportif. Alex Jimenez réalise des performances de haute volée en Premier League, au point d’être pressenti pour intégrer la liste de l’Espagne pour la prochaine Coupe du Monde. La Casa Blanca, qui avait l’opportunité de le rapatrier cet été à un tarif préférentiel, a désormais perdu la main sur le dossier. Bournemouth détient la totalité des droits, et le Real devra se contenter de ce joli chèque de consolation.