Le musicien américain Oliver Tree Nickell a perdu la vie ce dimanche 14 juin 2026 dans une collision entre deux hélicoptères au-dessus du quartier de Recreio dos Bandeirantes, à Rio de Janeiro. À seulement 32 ans, l’auteur de tubes comme Life Goes On et Miss You disparaît brutalement alors qu’il foulait pour la première fois le sol brésilien dans le cadre de sa tournée mondiale. Avec lui, cinq autres personnes ont péri dans cet accident qui laisse la scène musicale internationale sous le choc.
Peu avant 9 heures locales, les deux appareils se sont percutés en vol. L’un, un Eurocopter AS350, transportait le pilote Alexandre Souza ainsi que les passagers Lucas Brito Chaves, producteur musical brésilien, le réalisateur argentin Lucas Vignale, le YouTuber argentin Gaspar Prim, dit Gaspi, et Oliver Tree. Le second hélicoptère, un Bell 206, était piloté par Charles Marsillac, seul à bord. Les engins se sont écrasés sur le parking d’une concession de véhicules électriques, provoquant un incendie qui a ravagé une vingtaine de voitures. Les pompiers militaires sont intervenus rapidement, mais aucun survivant n’a été retrouvé.
Les corps, gravement brûlés, n’ont pas encore fait l’objet d’une identification formelle définitive. Une enquête est en cours, menée par la police civile de Rio, la Força Aérea Brasileira via le CENIPA et l’agence nationale de l’aviation civile. Les premiers éléments indiquent que l’un des hélicoptères se dirigeait vers Angra dos Reis tandis que l’autre effectuait un ravitaillement. Les enregistrements de vol et les images disponibles sur place seront cruciaux pour éclaircir les circonstances de cette collision entre deux pilotes expérimentés.
Né le 29 juin 1993 à Santa Cruz en Californie, Oliver Tree Nickell s’était imposé comme une figure singulière de la pop alternative. Sa coupe au bol emblématique, ses tenues rétro et son humour absurde formaient un personnage qui brouillait les lignes entre performance et authenticité. Son ascension avait commencé en 2016 avec When I’m Down en collaboration avec Whethan. Signé chez Atlantic Records, il avait enchaîné les albums marquants : Ugly Is Beautiful en 2020, Cowboy Tears en 2022, Alone in a Crowd en 2023, et tout récemment Love You Madly, Hate You Badly en avril 2026 sur son propre label Alien Boy Records. Ses titres les plus connus mêlaient énergie contagieuse et mélancolie ironique, touchant des millions d’auditeurs sensibles à sa vision décalée de l’existence.
Au-delà de la musique, Oliver Tree était un créateur complet : réalisateur de clips délirants, comédien occasionnel et personnalité internet qui avait su transformer son excentricité en force créative. Sa présence au Brésil, où il venait de donner un concert à São Paulo le 6 juin, symbolisait cette volonté d’explorer de nouveaux horizons. Il partageait encore récemment des images joyeuses de ses découvertes locales, contrastant cruellement avec la soudaineté du drame. Ce voyage devait marquer une nouvelle étape, après une période d’indépendance vis-à-vis des majors, en tissant des liens avec des artistes et créateurs sud-américains.
Ce tragique accident interroge la sécurité des transports aériens privés au Brésil, où les hélicoptères sont souvent privilégiés pour leur rapidité. Il rappelle aussi la fragilité d’une carrière bâtie sur l’immédiateté et la connexion permanente. Oliver Tree incarnait cette génération d’artistes qui naviguent entre scène traditionnelle et univers numérique, refusant les codes imposés tout en conquérant un large public.
Ses textes, souvent introspectifs sous leur apparente légèreté, évoquaient la résilience face à l’absurdité du quotidien. En choisissant l’autonomie pour son dernier projet, il semblait affirmer une maturité nouvelle. Sa disparition, alors qu’il préparait la suite de sa tournée internationale, souligne combien même les trajectoires les plus dynamiques restent exposées aux imprévus de la vie.
Dans l’industrie, Oliver Tree occupait une place à part : ni underground pur ni star mainstream, il avait créé un espace unique où humour, vulnérabilité et pop accessible cohabitaient. Sa trajectoire courte mais intense témoigne d’une époque où la créativité surgit des marges pour toucher le plus grand nombre. Derrière le bowl cut iconique et le sourire ironique se cachait un musicien authentique, un raconteur d’histoires décalées qui transformait ses contradictions en art.
Alors que les investigations se poursuivent, sa perte laisse un vide dans une scène qui a besoin de voix originales. Rio, ville de contrastes et de passions, aura été le théâtre involontaire d’une fin trop précoce pour un artiste qui semblait encore plein d’avenir. La vie, comme le chantait l’une de ses chansons les plus emblématiques, continue – mais elle portera désormais l’empreinte discrète d’un créateur inclassable.
