Le nouvel iPhone Air d’Apple a fait couler beaucoup d’encre bien avant sa sortie officielle. Remplaçant désigné du modèle Plus, cet appareil promettait de redéfinir le catalogue de la marque avec une finesse esthétique exceptionnelle. Les analystes réputés, de Jeff Pu (Haitong International) à Ming-Chi Kuo, avaient d’ailleurs vu juste sur sa fiche technique. Pourtant, après un essai prolongé sur le terrain, le constat d’usage s’impose : cet appareil ultra-mince finit irrémédiablement par retourner dans sa boîte blanche immaculée.
Un concentré d’innovations sous le capot
Sur le papier, le téléphone disposait d’arguments très sérieux. La firme californienne a équipé ce modèle d’une puce A19, fabriquée avec la même gravure de pointe en 3 nanomètres que les puces A18, A18 Pro et A17 Pro. L’appareil embarque également 8 Go de mémoire vive, une évolution cruciale puisqu’il s’agit du seuil minimal indispensable pour débloquer les nouvelles fonctionnalités d’intelligence artificielle d’Apple. Tout modèle doté de moins de RAM se retrouve logiquement privé de ces outils.
L’écran, offrant une belle diagonale oscillant autour de 6,5 à 6,6 pouces, dépasse l’intégralité des iPhone actuels mis à part l’imposante famille Pro Max. Le châssis en aluminium intègre la fameuse Dynamic Island ainsi qu’un modem 5G inédit, entièrement conçu en interne par Apple. La gamme 17 affiche ainsi une structure claire : les modèles standards et Air tournent sous la puce A19 avec 8 Go de RAM, tandis que les déclinaisons Pro et Pro Max profitent de 12 Go et de la puce A19 Pro. Ce dernier modèle bénéficie même d’une encoche réduite grâce à la technologie « metalens » venue miniaturiser les composants liés à Face ID.
L’impasse photographique
Malgré un design unanimement salué pour sa légèreté et sa robustesse, offrant des finitions dignes des modèles professionnels, le positionnement tarifaire à 999 dollars reste particulièrement difficile à justifier face à un iPhone 17 classique. Les concessions matérielles exigées par ce format plat sont en effet massives. Le constructeur a pris le risque d’abandonner le traditionnel double module photo pour imposer un unique capteur arrière de 48 mégapixels. S’il est heureusement complété à l’avant par un excellent capteur selfie de 24 mégapixels — une évolution notable face aux 12 mégapixels historiques — la réalité du terrain s’avère extrêmement frustrante.
L’absence totale d’objectif ultra grand-angle transforme la moindre prise de vue de groupe en un véritable défi physique, exigeant un recul constant pour faire entrer tous les sujets dans le cadre. La capture de paysages souffre exactement de la même rigidité et oblige l’utilisateur à compenser en permanence pour obtenir de simples clichés standards.
L’autonomie, l’ultime sacrifice de la finesse
Le véritable talon d’Achille de cet iPhone Air réside toutefois dans son endurance. La recherche de minceur absolue a forcé Apple à limiter la batterie à une capacité de 3149 mAh, très loin des généreux 4252 mAh du modèle Pro. Sur des réseaux sociaux comme Threads ou Bluesky, certains défendent encore cette autonomie, un internaute affirmant même atteindre les 48 heures — un miracle probablement dû à un appareil resté éteint. Mais pour un usage professionnel nomade, le compte n’y est absolument pas.
Après quelques heures de travail à l’extérieur, la jauge s’effondre souvent sous la barre critique des 20 %. L’angoisse de la panne sèche vient alors dicter les déplacements, poussant à scruter la moindre prise électrique disponible. L’envoi par Apple d’une batterie externe MagSafe aux journalistes pour accompagner les unités de test sonnait déjà, lors du lancement, comme un aveu de faiblesse particulièrement révélateur.
Un avenir incertain sur le marché
En l’état, l’expérience pousse inévitablement l’utilisateur exigeant vers un basculement sur l’iPhone 17 Pro. Dans les grands événements technologiques de ces derniers mois, ce modèle ultra-fin brille d’ailleurs par son absence. Rares sont les personnes aperçues avec ce smartphone en main, la seule exception notable étant un employé direct de la marque à la pomme.
Les échos du marché partagés par le Financial Times vont d’ailleurs dans ce sens. Selon Nabila Popal, analyste chez IDC, les ventes de l’Air n’ont atteint qu’un maigre tiers des projections initiales de la marque, confirmant que le grand public partage largement ce scepticisme face aux contraintes de l’appareil, et ce malgré les excellentes ventes du reste de la gamme. Si un potentiel « iPhone Air 2 » veut espérer séduire le public à l’avenir, il devra a minima s’aligner sur la configuration photo des modèles 17 ou 18 et trouver le moyen d’augmenter son endurance. Sans ces ajustements, les amateurs de grands écrans continueront sans le moindre doute de privilégier la sécurité et le confort du modèle Pro Max.